Parc national de forêts, en Champagne et Bourgogne
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Poste basé à  
Arc-en-Barrois
Depuis 1992, le Parc national de forêts abrite une population nicheuse de Cigogne Noire (généralement 4 à 6 couples chaque année), auxquels s’ajoutent des oiseaux non nicheurs et en étape migratoire. La Cigogne noire revêt un caractère patrimonial et emblématique pour le Parc national de forêts, qui a une forte responsabilité vis-à-vis de l’espèce, celle-ci étant en « En Danger » (EN) sur la Liste rouge UICN des espèces menacées en France métropolitaine. En tant qu’espèce « parapluie », agir pour sa conservation revient à maintenir voire améliorer l’état de conservation des forêts et des rivières. Le territoire du Parc national de forêts bénéficie d’un important investissement pour améliorer la connaissance et la préservation de l’espèce : suivi des nids, baguage des jeunes, adultes équipés de balises de suivi satellitaire et GPS-GSM depuis de nombreuses années. Une première analyse spatiale de ces données menée en 2021 a permis d’identifier des zones de gagnage de l’espèce et les résultats préliminaires montrent qu’au moins un tiers des cours d’eau du territoire du Parc national de forêts a servi à leur alimentation. Ce stage de M2 s’inscrit à la suite de l’étude initiale sur les zones de gagnage sur le territoire du Parc national de forêts, et sera mené en partenariat avec l’ONF, l’ACETAM, l’OFB et la LPO dans l’objectif d’approfondir les connaissances sur l’espèce à des fins de conservation. Des analyses complémentaires sur un autre secteur densément couvert par des données satellitaires, comme la Nièvre, pourra être envisagé en fonction de l’avancement du stage.

Contexte du stage
 

Le Parc national de forêts est un nouveau Parc national français, créé par décret le 6 novembre 2019. Il vient compléter le panel des Parcs nationaux français en représentant les écosystèmes liés aux forêts feuillues de plaine. D’une surface de près de 250 000 ha, dont 56 000 ha de coeur, il est situé sur le plateau de Langres, à cheval sur le nord Côte-d’Or et sud Haute-Marne.
Depuis 1992, ce parc abrite une population nicheuse de Cigogne Noire. Cette espèce patrimoniale est décrite comme migratrice ou de passage depuis le XIXème siècle en France. Le premier cas français de nidification a été documenté en 1973 en Indre-et-Loire. En 2020, l’estimation de la population nicheuse française par la coordination nationale LPO-ONF est de 70 à 90 couples, pour une population mondiale comprise entre 22 400 et 44 000 couples selon Wetlands International. L’espèce est inscrite comme « En Danger » (EN) sur la Liste rouge UICN des espèces menacées en France métropolitaine.

La population de cigognes noires du Parc national de forêts compte généralement 4 à 6 couples chaque année, auxquels s’ajoutent des oiseaux non nicheurs et en étape migratoire. La Cigogne noire revêt un caractère emblématique pour le Parc national de forêts, et en tant qu’espèce « parapluie », agir pour sa conservation revient à maintenir voire améliorer l’état de conservation des forêts et des rivières.
Le territoire du Parc national de forêts bénéficie d’un important investissement pour améliorer la connaissance et la préservation de l’espèce. Depuis de nombreuses années, les nids sont suivis, les jeunes font l’objet d’opérations de baguage, et des individus adultes sont régulièrement capturés pour être équipés de bagues et de balises de suivi satellitaire et GPS-GSM, ayant permis des premières analyses sur les aires de vie et les migrations par des centres de recherche.

Une première analyse spatiale de ces données menée en 2021 a permis d’identifier des zones de gagnage de l’espèce et les résultats préliminaires montrent qu’au moins un tiers des cours d’eau du territoire du Parc national de forêts a servi à leur alimentation.
A l’échelle nationale, depuis 2015, 18 nouvelles cigognes ont été équipées de balises GPS-GSM dans le cadre d’un programme de baguage CRBPO (n°320). Les matériels de suivi déployés sur les oiseaux ont fortement évolué, l’utilisation de la technologie GPS s’est généralisée, permettant l’obtention de localisations beaucoup plus précises et à une fréquence très élevée (au minimum 4 localisations par heure). Sur la période 2015-2020, le suivi totalise ainsi presque 2 millions de localisations. L’adjonction de divers capteurs (e.g. accéléromètres, pression barométrique, …) permet également une appréciation fine du comportement des oiseaux. En parallèle, l’accès à un grand nombre de descripteurs de l’environnement s’est également démocratisé. De nombreuses données spatialisées portant sur l’occupation du sol, la structure des paysages, les réseaux d’infrastructures ou encore les conditions climatiques sont aujourd’hui mobilisables. Ces différents éléments permettent d’envisager d’affiner nos connaissances sur les traits d’écologie de la Cigogne noire.

Ce stage s’inscrit à la suite de l’étude initiale sur les zones de gagnage sur le territoire du Parc national. Il sera mené en partenariat avec l’ONF, l’ACETAM, l’OFB et la LPO dans l’objectif d’approfondir les connaissances sur l’espèces à des fins de conservation.
Des analyses complémentaires sur un autre secteur densément couvert par des données satellitaires, comme la Nièvre, pourra être envisagé en fonction de l’avancement du stage.

Objectifs du stage

principal du stage consiste à quantifier la sélection de l’habitat de l’espèce, en particulier en caractérisant les habitats utilisés au niveau des zones de gagnage utilisées par la Cigogne noire.
Il se décline avec les sous-objectifs suivants :
- Compléter l’analyse initiée en 2021 des données spatiales permettant la caractérisation des zones d’alimentation des cigognes noires sur le territoire du Parc national de forêts ainsi que la synthèse bibliographique des études déjà menées sur la caractérisation des habitats utilisés par la Cigogne noire via l’utilisation de descripteurs géographiques et de variables de terrain ;
- En concertation avec les partenaires scientifiques du Parc national, participer à l’élaboration d’une stratégie d’étude et des protocoles à mettre en oeuvre pour identifier des critères de sélection par la Cigogne noire de ses habitats d’alimentation via une double analyse géographique (d’après des données d’occupation du sol et de typologies d’habitats) et de terrain pour la caractérisation des habitats des zones de gagnage : choix des descripteurs, des transects, des variables, des relevés, etc. ;
- Appliquer cette méthodologie à l’échelle de deux bassins versants contrastés en termes de densité de données de présence sur des zones d’alimentation du Parc national de forêts ;
- A partir des résultats, modéliser par analyse spatiale les zones d’alimentation potentielles de l’espèce à l’échelle du territoire du Parc national – réaliser des cartes synthétiques
- En fonction de l’avancement du stage, étendre la partie d’analyse spatiale à un bassin versants sur le territoire de la Nièvre.

Missions confiées

- Recherche bibliographique et entretiens avec les partenaires du réseau cigogne noire
- Complément à la collecte et mise en forme des données spatiales sur le territoire du Parc national
- Analyse spatiale des données à l’aide des logiciels R et QGIS, en lien avec d’autres données géographiques (occupation du sol, information sur les ruisseaux…)
- Choix des variables et des descripteurs à recueillir sur le terrain et participation à l’élaboration du protocole d’échantillonnage (choix des secteurs, des transects, des variables, des relevés, etc.)
- Sessions de terrain pour la collecte des variables et des descripteurs pour réaliser des premières analyses statistiques
- Modélisation et élaboration de synthèses cartographiques
- Rédaction d’un rapport

Le stagiaire pourra par ailleurs s’impliquer dans la vie de l’établissement public du Parc national.
Le stagiaire sera encadré par le Parc national de forêts mais sera accompagné par la Direction de la Recherche et de l'Appui Scientifique – Service Conservation et Gestion des Espèces à Enjeux de l’OFB pour les analyses statistiques et le responsable du programme de baguage.

Profil recherché

- Etudiant(e) de Master 2 en écologie / environnement
- Connaissances en écologie et ornithologie
- Compétences de terrain et autonomie dans la mise en oeuvre d’un protocole d’échantillonnage.
- Très bonne maîtrise du logiciel R et compétences en codage (gestion d’un gros volume de données GPS, mise en relation de ces données avec des données environnementales, statistiques).
- Très bonne maîtrise d’un logiciel de SIG (QGIS)

Conditions d’accueil

Durée : 6 mois : entre mars et août 2022
Stage basé à : Arc-en-Barrois (52) – déplacements possibles sur le territoire du Parc national de forêts: permis B exigé – Possibilité de télétravail en fonction du contexte sanitaire
Matériels : PC portable et ligne téléphonique fournis - Véhicules de service à disposition
Rémunération : conforme à la gratification minimale des stagiaires en vigueur à la signature de la convention de stage, soit à titre indicatif 27,30 €/jour (journées de 7h)

Date limite et modalités de candidature

Les candidatures (lettre de motivation et CV) sont à adresser au maître de stage dont les coordonnées sont ci-dessous, avant le 31 janvier 2022.

Coordonnées du maître de stage

Julie LAMBREY - Chargée de mission Biodiversité
Tél : +33 (0)3 73 62 03 66 / +33 (0)6 74 23 32 85 – julie.lambrey@forets-parcnational.fr

Une expertise sera apportée par Frédéric CHAPALAIN (ACETAM), responsable du programme national de baguage de la Cigogne noire et un encadrement à distance sera réalisé par Alexandre VILLERS, Chef de projet Alaudidés-Turdidés-Caille / Administrateur du Réseau Oiseaux de Passage à l’OFB.

Publié le 
13/12/2021
Date limite de candidature 
31/01/2022
A pourvoir à compter du 
01/03/2021